C’est une grande page qui se tourne. C’est la fin d’un chapitre. Un chapitre exceptionnel. Un chapitre fabuleux. Je vais dire au revoir à la Guinée. Oui, vous avez bien lu. Je vais partir. Le simple fait d’écrire ces lignes me donne des sentiments étranges. Un énorme amalgame d’émotions. La fierté du travail accompli, les expériences vécues, les relations tissées avec tant de gens, les discussions qui durent toute la nuit, les rencontres, les échanges, les innombrables apprentissages, les couchers de soleil, les amis, les enfants de Sobanet, le camping, mes amis du volley, mes amis du tennis, mes amis de course… Je ne devrais même pas écrire ‘amis’. En Afrique, on dit ‘frères’ et ‘sœurs’. Là, le mot me semble plus juste. Alors avec tout ce positif, pourquoi mes yeux sont mouillés ? Parce qu’il y a le sentiment difficile de partir. C’est ma maison ici. J’étais certes de passage et seulement en visite en Guinée, mais en même temps, je n’étais pas en visite du tout. Je me sens en visite quand je suis au Canada. Je me sens chez moi quand j’arrive dans la cité de Kamsar. Avec tout ce que ça implique. Comme quoi on s’habitue à tout ! J’ai l’impression de rendre des gens tristes depuis 2 semaines. Je ne vais pas tous les nommer, il y en a trop. Je ne fais qu’annoncer à tout le monde que je vais partir. Mais en même temps, je suis témoin de la considération que les gens m’apportent alors je tente de leur montrer à quel point je les apprécie et à quel point je suis reconnaissant de tout ce que j’ai pu vivre grâce à ces échanges. Si seulement je pouvais trouver des mots assez puissants pour décrire ce sentiment… Je réalise aussi que ce n’est pas facile parce que quand je suis parti du Canada, c’était dans l’optique de revenir un jour. L’idée du retour donne une impression de situation temporaire. Et il est alors un peu moins difficile de dire au revoir. Mais là, la situation est différente. Je ne sais pas si je reviendrai. Je le voudrai, ça c’est confirmé. Mais est-ce que ça va arriver ? Et quand ? Je ne sais pas. Cette pensée me rend profondément triste. Alors je préfère dire que je reviendrai peut-être. Ça donne de l’espoir dans les au revoir. Et ça me permet d’avoir à retenir mes larmes un peu moins souvent. Le fait que mon départ soit difficile est une preuve que ce que j’ai vécu m’a profondément changé. Parce que si je n’avais rien vécu de spécial, ce serait facile pour moi de faire mes boîtes. Mais c’est tout le contraire. Alors je mets de la bonne musique de mon ami Cheick Rahal Keita ou de Petit Kandia, puis je pense aux innombrables anecdotes vécues… et je souris de nouveau. Ma vie en Guinée, c’est une histoire fabuleuse. C’est une histoire d’apprentissage. C’est une histoire de passion. C’est une histoire qui ne s’écrit pas… C’est une histoire de cœur. C’est une histoire humaine. Je voudrais que les mots soient pour le lecteur aussi puissants qu’ils le sont dans mon esprit quand je compose ce texte. Il y a 2 jours, une forte pluie approchait. Je suis sorti alors que les nuages approchaient dangereusement. Les derniers joueurs de foot quittaient le terrain avant que le déluge n’arrive. Les senteurs étaient puissantes. Le vent soulève tout. La lumière changeait. Les contrastes étaient prenants. Même les chèvres avaient trouvé refuge. Puis les nuages se sont déchargés. Une pluie chaude. Une pluie réconfortante. Je suis allé à la plage déserte en face de chez moi et j’ai regardé au large alors que je devenais complètement trempe. La pluie porte un message de sagesse. Elle apaise. Je n’avais pas besoin de prendre des photos en catastrophe. J’ai profité de tout depuis le jour 1 alors des photos, j’en ai. Ce qui me reste, c’est d’apprécier le moment. Pour une millième fois. Et ce sentiment d’avoir intensément vécu chaque jour l’expérience me réconforte. Je suis resté pendant un long moment à tenter d’enregistrer dans ma tête tout ce qui se passait autour de moi. La pluie africaine est magique. Et après tout, c’est ma décision de partir. Alors je regarde en avant et je fonce vers de nouveaux projets. Je ne suis pas encore prêt à revenir définitivement au Canada. J’ai d’autres expériences en tête. D’autres projets. De grands projets. Parce que c’est ma façon de vivre. Et parce que de me concentrer sur un nouvel objectif me permet d’avoir un peu moins le vertige.
C’est la fin d’un chapitre exceptionnel. Mais ce n’est pas la fin du livre. Il y a de nouvelles découvertes. Il y a de nouveaux sommets. Et il y a toute la vie qui est à célébrer. Merci à mes frères et sœurs guinéens. Vous m’avez tellement appris. Je vous serai éternellement reconnaissant. Et je ne vais JAMAIS vous oublier. Avec tout mon amour, Nic
4 Comments
Ta mère
11/1/2014 02:10:11 pm
mon coeur est heureux et triste en même temps.
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Josee
11/2/2014 12:04:42 am
Mon beau et adorable Nicolas d'amour,
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9/5/2016 10:10:35 pm
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Agnes Kourouma
3/19/2017 06:47:04 pm
oooh vous étiez dans ma ville.Je viens de kamsar et depuis septembre 2014 je suis arrivée aussi a Montréal pour des études. J'adore Montréal et surtout la poutine.
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November 2014
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