Je vais être franc, j’écris ce texte en n’ayant pas toutes les réponses. Ce que je sais, c’est qu’à chaque fois que j’ouvre le fil de l’actualité sur mon téléphone tard le soir avant d’aller me coucher, je sens une sorte de découragement que je ne sais pas soulager. Ce que je réalise aussi, c’est que ce sentiment s’intensifie graduellement depuis quelques années. Au début, c’étaient seulement quelques onces d’amertume, mais tranquillement, invariablement, l’inconfort s’est alourdi. Je suppose qu’il faut savoir le nommer pour pouvoir le guérir. Je me dis aussi que je ne dois pas être le seul. Alors voici mon constat du monde dans lequel nous vivons. J’ai toujours été d’un tempérament optimiste. Prudent, certes, mais optimiste. Mais je ne suis pas immuable au supplice de la goutte d’eau. Chaque jour, comme un titillement qu’on croit anodin au début, mais qui ne se termine jamais, je vois la désinformation, je vois la non-reconnaissance de la science, je vois du racisme, du sexisme, de la haine, du déni climatique, de la guerre, des menaces de récession, des attaques aux libertés des femmes. Soupoudrez deux années de pandémie avec son lot de stress, d’incertitudes et de tragédies et vous obtenez un 2022 avec des gens fatigués, blasés, désabusés. Alors comment rester enthousiaste ? En faisant fi de tout cela ? Vous y arrivez ? Moi, j’ai de la difficulté. Je pensais pouvoir protéger ma bulle de verre de toutes les vagues, mais la guerre a sonné le glas. Je voulais tellement penser que l’être humain était capable de plus. Capable de quelque chose de plus grand que la perfide vanité et l’attirance du pouvoir. Pourtant, l’actualité s’entête à tenter de me faire croire le contraire. J’ai fait l’exercice. Je me suis dit que j’allais relativiser dans le temps, que c’est peut-être juste circonstanciel. Puis j’ai pensé aux croisades, à la colonisation, aux génocides des Premières Nations, à celui des Tutsis, aux Khmer Rouges, aux enfants-soldats, aux deux Grandes Guerres, à l’apartheid, à la ségrégation des USA, à l’Afghanistan, à la Somalie, au RDC, à la Corée du Nord, à la Grande Marche de Mao… La liste pourrait continuer pendant encore très longtemps, mais je vais arrêter ici pour vous épargner. Je pense aussi que vous comprenez. Pourtant, malgré toute ces évidences, certains dirigeants actuels n’ont apparemment pas retenu les leçons de l’histoire. Je suppose que le pouvoir donne parfois une vision de la réalité que je ne peux comprendre. Alors quoi faire ? Se concentrer sur une échelle plus petite, plus régionale ? J’ai la chance absolument immense de vivre dans un pays où il ne pleut ni bombes ni oppression, pourtant la complaisance reviendrait à se mentir à soi-même. À grand coup de commentaires déraisonnables, de déni des faits, d’atténuation des erreurs du passé, de recherche d’appartenance par les réseaux sociaux et de revendications irréfléchies, on avance comme société. Je pense néanmoins qu’il ne faut pas se tromper : Il est facile de mélanger tous les sujets pour créer un produit toxique et radioactif, mais il ne faut pas oublier que ce qui est récent, ce ne sont pas les gens s’inventant leurs propres faits. Ce qui est nouveaux, c’est que les plateformes publiques leur donnent un mégaphone. Le problème ? On entend la minorité qui hurle et non la très grande majorité qui se sent profondément malaisé par le radicalisme des pensées. Maintenant que c’est énoncé, on fait quoi ? Où trouver du réconfort dans toute ces incertitudes ? On déclare forfait, puis on essaie de coloniser Mars au lieu de régler la situation sur notre unique planète ? Je laisse cette idée à l’élitisme excentrique.
Je vous partage quelques pistes plus réalistes qui, je crois, ne sont pas des baumes temporaires, mais bien des façons de se reconstruire et de se rappeler de tout ce qui est beau et bon. Trois mots pour régler tous les maux, ou presque : Espoir, appréciation et amour. Je me méfie de l’espoir quand il s’agit de vœux pieux ou de pensées creuses. Espérer un changement de situation alors qu’on ne fait rien pour y contribuer ne me donne pas le confort que je recherche. J’espère évidemment que le conflit en Ukraine arrêtera, que la covid sera contenue, que la famine dans la corne de l’Afrique sera stoppée, que les droits seront égaux pour tous les humains et que le réchauffement climatique sera ralenti, mais ces souhaits ne m’aident pas à me sentir mieux. Sans action, l’espoir est vain. Quelles sont vos manières d’intervenir ? Ça m’interpelle. Dites-moi, s’il vous plait. L’inspiration venant des actions est un réel vecteur de changement. L’appréciation est une autre piste que j’explore pour remonter mon niveau d’énergie. L’appréciation des bons moments passés, l’appréciations des choses simples, pures même. L’appréciation de la beauté de la planète, de la splendeur des arts, des couleurs et des saveurs. On vie sur du temps emprunté. Ne pas en profiter serait terriblement dommage. La bonne nouvelle ? Si vous lisez ce texte, c’est qu’il n’est pas trop tard. S’il y a bien un fondement humain qui devrait être universel, c’est l’amour. L’amour infini de nos enfants, mais aussi de toutes les personnes chères autour de nous. L’amour de la planète aussi. Elle en a bien besoin. Je ne sais comment écrire une poésie assez forte pour bien décrire l’amour. Je ne sais pas expliquer toutes ses nuances, ses subtilités et son infini pouvoir alors je vous laisse vous construire votre propre définition. Tout ce que je vous souhaite, c’est qu’elle transcende la couleur de la peau, le pays d’origine, le sexe, la religion, l’orientation ou la vision politique. L’amour et la compassion subliment les faiblesses humaines. Tout cela est un travail en cours. Parfois, je suis fatigué, comme vous tous. Alors je me rappelle ces trois mots et je cherche comment je peux participer activement à avoir un impact positif, parce que je me dis que si tout le monde faisait cela, alors beaucoup de situations infiniment tristes seraient bien différentes. C’est petit, mais c’est ma façon d’avoir de l’espoir par mes actions. Avec tout mon amour, Nic
2 Comments
Simon
5/7/2022 08:59:51 pm
Excellente réflexion. Les pistes de réconfort sont majoritairement déjà ds ton texte!
Reply
Renaud Frechette
5/8/2022 06:59:12 am
Très bien dit et écrit, espérons que le l’avenir soit prometteur et rassembleur.
Reply
Leave a Reply. |
Nic DumesnilPour me suivre dans mes voyages, mes expéditions, mes aventures et mes projets. Archives
October 2022
Categories |