English version below Depuis le dernier billet, tout allait pour le mieux. Je me sentais en parfaite forme, l’acclimatation allait bien, le moral était au sommet… Nous avons passé au travers du Icefall sans difficulté. La route, qui se veut être un labyrinthe entre les dédales de glace de la vallée du Khumbu, s’est révélée être un défi particulièrement intéressant. Évidemment, on a toujours en tête le fait que c’est une place très dangereuse et que la plupart des accidents sur l’Everest arrivent à cet endroit. Les glaciers sont en mouvement, alors il ne faut pas perdre de temps quand on veut traverser cet endroit. Les points de vue et les formations de glace sont quand même spectaculaires. Puis nous sommes partis vers le camp 1. C’était la première grande rotation sur l’Everest, alors nous étions tous bien excités. Nous avons traversé le Icefall en 6 heures, en passant sur certaines traverses vertigineuses. Nous sommes arrivés au camp 1 vers 9h30 le matin. Le sentiment était super bon. Puis la catastrophe est arrivée. Vers midi, le sol s’est mis à trembler violemment. Vraiment violemment. J’ai d’abord pensé qu’une fissure s’ouvrait sous le camp. C’était terrifiant. Puis le bruit est devenu de plus en plus fort. On a entendu des avalanches massives se déclencher des deux parois nous entourant (Nuptse et épaule ouest de l’Everest). Un bruit assourdissant avec le sol qui tremblait toujours. J’ai regardé par le vestibule de la tente pour m’apercevoir que les Sherpas courraient, affolés. Je suis sorti en catastrophe de la tente pour constater qu’un épais blizzard nous cachait complètement la vue. On entendait les avalanches s’approcher, mais on n’avait aucun endroit où aller. Notre camp était entouré de profondes crevasses. J’ai décidé de suivre les Sherpas qui se sont réfugiés dans la "tente cuisine". Nous étions presque tous là. Et les sherpas se sont mis à prier. Prier que nous soyons épargnés. Parce qu’il n’y avait absolument rien d’autre à faire que d’espérer. Les vents et la neige projetés par les avalanches ont frappé le camp, puis, quelques minutes plus tard, tout s’est calmé. Nous avons été épargnés. Pour cette fois. C’est ensuite que la radio s’est mise à s’affoler. Le camp de base a été touché durement. On parle d’un tremblement de terre de magnitude de 7,9. C’est extrêmement puissant. Toute la vallée jusqu’à la capitale a été touchée. Dans les heures qui ont suivi, nous avons subi d’autres secousses terrifiantes et nous avons entendu de nombreuses avalanches. Les Sherpas voulaient quitter dès que possible, mais il n’y avait aucun endroit où aller. Nous avons attendu pendant une nuit et une journée complète avant de nous rendre compte que l’évacuation était la seule solution. La majorité des échelles horizontales du Icefall ont disparu dans les crevasses et des séracs sont tombés. Il était devenu impossible de traverser le Icefall. Tôt le 2e matin, nous avons été évacués en hélicoptère. Nous avons survolé le Icefall pour atteindre le EBC, où une véritable zone de guerre nous attendait. Des camps entiers ont été détruits. Des dizaines, voir plus, de personnes ont perdu la vie. On parle d’environ 80 blessés. Des roches et de la glace ont volé sur la majorité du EBC. Notre camp s’est transformé en centre médical. Il y a des corps recouverts par des toiles bleues à différents endroits. C’est une catastrophe terrible qui s’est produite. Quelle violence. La catastrophe est terrible. Et la conséquence est inévitable : l’expédition est terminée. Nous allons quitter dès que possible la montagne. Personne ne peut continuer dans ces conditions. Le camp est ravagé. La route du Icefall est à refaire au complet. Les cordes fixes ne sont pas installées sur la partie supérieure de la montagne. Et franchement, personne n’a la tête à grimper une montagne présentement. Je réalise que j’ai été extrêmement chanceux. Deux heures plus tôt, j’étais dans le Icefall. Les avalanches auraient aussi pu nous atteindre. Les crevasses auraient pu engloutir notre camp. J’aurais pu être à la mauvaise place au mauvais moment quand le chaos a frappé le EBC… Mais je suis correct. Je suis en santé et je vais quitter la vallée dans les prochains jours. J’ai été épargné. J’ai été chanceux. Je lève mon chapeau au travail héroïque des différents intervenants qui ont été testés avec les évènements du EBC. J’ai aussi une très grande pensée pour les nombreux Népalais qui ont perdu des proches. C’est une catastrophe terrible et je suis de tout cœur avec tous ceux qui sont éprouvés par cette tragédie. C’est le temps pour moi de rentrer à la maison. Tout allait bien, mais là, je m’ennuie des gens que j’aime. Merci de m’avoir suivi pendant cette aventure. Nic Since the last blogpost, everything was going for the best. I was feeling great, the acclimatization was going well and my will was at its peak…
We went through the icefall without difficulty. The route, which is a labyrinth in the ice seracs of the Khumbu glacier, has been particulary interesting. Of course, we always had in mind the fact that it is a very dangerous place where most Everest accidents take place. The glacier is in movement so you don’t want to lose time there. The objective hazards are serious. That being said, the view points and the ice formations are trully spectacular. We then went towards camp 1. It was our first big rotation on Everest so everybody was excited. We crossed the icefall in 6 hours with some vertiginious traverses. We got to camp 1 at around 9:30 in the morning. The feeling was great. Then, the catastrophe arrived. Around noon, the ground started shaking violently. Really violently. I first thought that a crevasse had opened under the camp. It was terrifiying. Then the noise became more and more strong. We heard massive avalanches being triggered from the 2 cliffs surrounding us (Nupse and Everest’ shoulder). And the ground was still shaking. I looked through the vestibule of the tent to realize that sherpas were running, scared. I got out of the tent as fast as I could, but a thik blizzard was hidding the view. We could hear the avalanches coming closer, but we had nowhere to go. Our camp was surrounded by deep crevasses. I decided to follow the sherpas who found shelter in the cook tent. We were almost all there. And then the sherpas started praying. Praying to be spared. Because there was nothing else to do. The wind and snow thrown by the avalanches hit camp hard, and, a few minutes later, everything calmed down. We were spared. For this time. The radio then got crazy. Base camp got hit hard. We heard talks for a 7,9 magnitude earth quake. That is extremly strong. The hole valley until the captiale got hit. In the following hours, other terrifiying shakes happened. We also heard many avalanches. The sherpa team wanted to leave as soon as possible, but there was nowhere to go. We waited for a 2 nights and a full day before realizing that evacuation was the only option. Most of the horizontal ladders from the icefall had vanished into the crevasses and big ice seracs had fallen. It was impossible to go through the icefall route. Early on the second morning, we were evacuated by helicopter. We flew over the icefall to gain EBC, where a real war zone was waiting for us. Entier camps have been destroyed. More than a dozen persons lost their life. We are talking of about 80 injured. Rocks and ice have flown over the vast majority of EBC. Our camp has been transformed into a medical center. There is corpses covered with tent flies at different places. It’s a terrible catastrophy. So violent. The catastrophe is unprecedented. And the consequence is clear : the expedition is over. We will leave the mountain as soon as possible. No one can continue with these conditions. Camp has been ravaged. The icefall route has to be done again. The fixed ropes are not installed on the upper mountain. And frankly, no one is thinking about climbing a mountain right now. I realize I have been extremely lucky. 2 hours later, I was in the icefall. The avalanches could’ve hit us. The crevasses could’ve swallow our camp. I could’ve been at the wrong place at the wrong time when chaos hit EBC… But I am okay. I am healthy and I will leave for the valley in the next couple of days. I have been spared. I have been lucky. I rise my hat to the heoric work of the people that got involved to help during this difficult moment. I also have a very profund and sincere thought for the many Nepaleses who lost close ones. It is a terrible catastrophy and I am with all my hearth with everyone who’s impacted by this tragedy. It’s time for me to go home. Everything was going well, but now, I miss all the people I love. Thank you for following me in this adventure. Nic
4 Comments
France
4/27/2015 01:15:14 am
Des photos qui en disent long! Bon courage à toi et tous ceux qui t accompagnent!
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Bobbie Warner
4/27/2015 04:16:14 am
Nic - I am so relieved to hear you are well and so very sorry to hear that some have not made it. What is wonderful is that you have such an appreciation of what others have achieved in reaching EBC. It is a reminder to all to always try our best and respect the efforts of others. You are an amazing person! Thank you for sharing this challenge and your website. I am enriched for having become aware of your journey through life. Bon courage.
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Doug pitman
5/4/2015 12:14:09 pm
Am happy to hear you are ok.
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Nic DumesnilPour me suivre dans mes voyages, mes expéditions, mes aventures et mes projets. Archives
October 2022
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