English version below. Il y a exactement un an, jour pour jour, j’étais à Katmandou et je rencontrais pour la première fois mes futurs coéquipiers d’expédition. C’était la présentation officielle des membres de notre groupe vers le sommet de l’Everest. Je me souviens encore du mélange de fébrilité et de curiosité que je ressentais. Aller vers une montagne est toujours quelque chose de spécial. Aller vers une haute montagne, encore plus. Aller vers les plus hautes montagnes –ou carrément, LA plus haute- provoque des sentiments uniques. Est-ce que je suis prêt ? Est-ce que ça va bien se passer ? Est-ce que je vais atteindre le sommet ? C’était, avec raison, des questions qui bombardaient mes pensées. Et pourtant, avec toute ma préparation, mes expériences précédentes, ma volonté et ma concentration, j’étais à des années-lumières de pouvoir m’imaginer ce qui allait se passer… C’est spécial de faire le point un an plus tard. Juste un an ? Déjà un an ? La question varie d’une fois à l’autre. La poussière est retombée, mais j’y pense encore. C’est normal : quand je regarde mon facebook, je vois les textes et photos de mes amis qui y retournent cette année. Je vais les suivre à chaque pas et penser à eux. Je leur souhaite évidemment d’atteindre les plus hautes cimes, mais surtout d’être prudents. C’est rare d’avoir une deuxième chance pour quoi que ce soit… C’est un privilège qu’il ne faut pas prendre pour acquis. Est-ce que je suis jaloux ? Non, pas du tout. Ce n’est pas un mot que j’utilise dans aucune des sphères de ma vie. Est-ce que c’est de l’envie ? C’est un mot qui ne me rejoint pas non plus. Est-ce que j’aimerais y retourner ? Ça, c’est une question plus complexe. Je suppose que la logique voudrait que je ne le souhaite pas. Après tout, j’ai réellement failli y rester. Pourtant, ce n’est pas si simple… Comme on dit, timing is everything. Dans tout, toujours. Pour le meilleur, pour le pire. 2015 a été une année catastrophe à l’Everest. La pire tragédie de l’histoire de la montagne. Mais j’ai été épargné et je suis en santé. Si cette expérience m’a bien appris quelque chose, c’est de me démontrer à quel point tout est fragile. Évidemment, pas besoin d’être à 6,000m dans un tremblement de terre et des avalanches pour s’en rendre compte, mais de réaliser à quel point tout peut aller du meilleur au pire en une fraction de seconde est une leçon saisissante. En plus de cela, vous savez quelle leçon je continue d’apprendre ? C’est que quand tout va pour le pire, et bien il faut aussi s’accrocher. L’avalanche déferle. Elle est plus forte que nous. Elle a des conséquences douloureuses et parfois tragiques. Mais le soleil va revenir, même si parfois on a l’impression qu’il est disparu. Dire que la vie est fragile et qu’il faut en profiter est facile par écrit. Ce sont des mots qu’on a tous lu des centaines de fois. Tellement cliché. Quétaine, même. Mais concrètement, dans la vraie vie, en profiter peut prendre plusieurs formes. Profiter de la vie, c’est parfois partir à l’aventure, vers de nouveaux horizons. C’est parfois le dépassement personnel et de repousser ses limites. Ce qu’on oublie, c’est que c’est aussi d’être là pour les gens qu’on aime et de leur signifier notre appréciation. Personne n’a le luxe de pouvoir remettre les choses importantes à plus tard. Parce que personne ne peut prétendre connaître demain. Profitez de votre expédition vers le toit du monde, mes amis. Profitez de la vie, que vous soyez en montagne ou non. Ne prenez rien pour acquis. Parce que rien ne l’est. Faites tout avec motivation. Comme si vous avez seulement une chance. Consacrez votre passion et votre énergie à atteindre les plus hauts sommets et à apprécier les choses les plus simples. Prenez du temps avec les gens que vous aimez. Et dites-leur que vous les aimez ! Encore des mots mille fois écrits, mais pas assez appliqués ! Je suis en pensées avec mes amis à l’Everest et je vivrai de façon viscérale leur grand succès. Mais Timing is everything. Ma place, maintenant, tout de suite, c’est d’être avec les gens que j’aime. Pas sur une montagne. Et ça me va. La montagne est toujours là. J’y penserai en temps et lieu. Exactly one year ago, day for day, I was in Kathmandu, meeting for the first time my new expedition partners. It was the official presentation of the members with whom we were going to aim for the summit of Everest. I still remember very vividly the mix of excitement and curiosity that was running through my veins. Going towards a mountain is always something special. Going towards a high mountain even more so. Going towards THE highest one generates unique feelings. Am I ready? Will everything go well? Will I reach the summit? It was, with good reasons, the type of questions that were bombarding my thoughts. Despite all my training, my previous expeditions, my willpower and my concentration, I was light years away from even imagining what was going to happen…
It’s something special to think about it one year later. Only one year? Already one year? The question varies from time to time. The dirt has settled, but I still think about it. It’s normal: When I go on Facebook, I see the texts and photos of the people I know that are going back. I will follow their every step and think hard about them. Of course, I wish them a successful expedition, but even more: To be careful. It’s a rare thing to have a second chance at anything. It’s a privilege that no one should take for granted. Am I jealous? No, not at all. It’s not a word I use in any sphere of my life. Is it envy? It’s a word that does not apply either. Would I want to go back? That’s a more complex question. I suppose logic would make me not want to go. After all, I could’ve died last year. But even with that in mind, the answer is not that obvious… As we say, timing is everything. In everything, always. For better or for worst. Everest 2015 has been the worst tragedy of the mountain’s history. But I was fortunate and escaped unharmed. If this experience has thought me anything, it’s to demonstrate how everything is fragile. Of course, no need to be at 6,000m in an earthquake and in avalanches to understand that, but to realize to what extent everything can go from good to bad in the blink of an eye is a striking life lesson. And, over that, do you know what I continue to learn? That even when everything goes for the worst, we have to hold on. Avalanches are devastating. They’re stronger than us. They have hurtful consequences. Sometimes even tragic. But the sun will come back, even if sometimes we have the impression it has vanished forever. Saying that life is fragile and that you must make the most of it is easy to write. Those words have been written hundreds of time. So cliché. But concretely, in real life, enjoying life takes many forms. Sometimes, it’s to go on an adventure, towards new horizons. Sometimes, it’s to push your limits and your personal growth. But sometimes, it’s also to be there for the people you love and to show your appreciation. No one has the luxury to postpone the important things to later. Because we never know what tomorrow will be made of. Enjoy your expedition to the summit of the world, my friends. To all, enjoy life, may you be on a mountain or not. Don’t take anything for granted. Because it’s not. Do everything like you mean it. Do it like if you had only one chance. Give it all your hart and passion, from reaching your highest goals to enjoying the simplest things. And take some time with the people you love. Oh, and tell them you love them! Again, easier writing it than doing it… I am in thoughts with my friends scaling Everest and I will viscerally live their great success. But timing is everything. My place, right here, right now, is to be with the people I love. Not on a mountain. And it’s fine by me. The mountain is still there. I will think about her in due time.
1 Comment
3/31/2016 07:50:19 am
Lovely, heartfelt, and sincere. Thank you Nic. We think of you often!
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Nic DumesnilPour me suivre dans mes voyages, mes expéditions, mes aventures et mes projets. Archives
October 2022
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